25.06.2008

AUDIOVISUEL PUBLIC

CAP21 inquiet du démantèlement de l’audiovisuel public

Si nous partageons l’exigence formulée par le Président de la République sur la qualité des missions de service public, CAP21, parti écologiste présidé par Corinne Lepage tient à manifester ses plus vives inquiétudes sur l’avenir de l’audiovisuel public et les réels moyens qui vont lui être accordés.
En annonçant le 8 janvier dernier la suppression de la publicité sur les chaînes publiques, le président provoqua une onde de choc dans le groupe France Télévisions, cette décision générant selon celui-ci un manque à gagner de 810 millions d’euros de recettes publicitaires auxquels s’ajoute le coût de remplacement des programmes estimé à 400 millions d’euros soit 1,2 milliards d’euros représentant 40 % du budget de France Televisions.
Le rapport Copé ramène aujourd’hui cette compensation à 650 millions d’euros en 2009 (950 millions en 2012), un chiffre très en deçà des besoins du service public, financés à la fois par un rattrapage de la redevance et son indexation sur l’inflation, la perception d’une taxe sur les opérateurs et fournisseurs d’accès internet et l’affectation des redevances perçues sur les radiofréquences électriques.
Dans ce contexte, les risques de démantèlement de l’audiovisuel public sont réels alors que les verrous se lèvent les uns après les autres pour développer le secteur privé (TF1, M6,…) en leur offrant une double coupure de publicité et la suppression des seuils anti-concentration : une aubaine pour les actionnaires des groupes concernés mais une réelle menace pour le pluralisme de l’information en France.
On peut aussi s’interroger sur l’avenir de France 3 en tant que chaîne généraliste nationale puisqu’on évoque la fusion de la rédaction avec celle de France 2 et la création de chaînes régionales avec réduction du nombre d’entités de 13 à 7. Quels moyens, quel avenir pour ses salariés ?
Il faut aussi évoquer la question de l’avenir de Radio France concernée par cette réforme. CAP21 s’oppose particulièrement à l’idée d’instaurer un nouveau prélèvement qui s’appliquerait aux possesseurs de radios (25 euros).
Se dirige-t-on vers une nouvelle ère, celle du « Sarkoberlusconisme » selon l’expression empruntée à Pierre Musso pour définir la stratégie actuelle de l’Elysée ?
L’absence réelle de concertation avec les professionnels de l’audiovisuel public amène aujourd’hui beaucoup plus de questions que de réponses et nourrit des inquiétudes fondées de la part des personnels mais aussi de tout ceux qui sont attachés aujourd’hui à l’indépendance et au pluralisme de l’information en France.

Par Eric Delhaye
Porte-parole de CAP 21
Parti fondateur du Mouvement Démocrate

24.06.2008

ERASMUS MUNDUS

Erasmus Mundus: ouvrir l'Europe aux savoirs du monde et le monde aux savoirs de l'Europe

Une Europe ouverte sur le monde et fière d'accueillir des étudiants étrangers sur son sol afin de leur faire partager notre diversité culturelle et notre richesse éducative: tel est le principal message du rapport de Marielle de Sarnez sur le programme Erasmus Mundus, adopté aujourd'hui en commission de la Culture à l'unanimité (moins une voix) du Parlement européen.

"L'enseignement supérieur européen doit être compétitif pour attirer de nombreux étudiants et universitaires étrangers qui auparavant partaient poursuivre leurs études aux Etats Unis" , a commenté Marielle de Sarnez à l'issue du vote. "La qualité de l'enseignement supérieur, sa capacité à diffuser ses savoirs et ses connaissances permettra à l'Europe de devenir incontournable grâce aux pôles d'excellence qui seront développés par le biais de ce programme", a-t-elle poursuivi.

Erasmus Mundus II, doté de 936,5 millions d'euros sur la période 2009-2013, continue de proposer des formations communes labellisée "Erasmus Mundus" à plusieurs universités d'au moins 3 pays européens différents avec également des possibilités de partenariat avec des établissements de pays tiers. 4 424 bourses ont été attribuées à des étudiants des pays tiers, et 323 universités (dont 265 européennes) y ont participé. Ce nouveau programme est proposé pour répondre à cette demande croissante de mobilité. L'objectif est d'accroître encore la mobilité estudiantine, dans les deux sens, entre les pays tiers et l'Union européenne. Cela passe par des améliorations d'ordre académique, avec notamment la création de doctorats communs aux universités partenaires, mais aussi par un accompagnement financier accru grâce à une revalorisation des bourses et à un système de droit d'inscription adapté. Les conditions d'accueil, dans ce contexte, sont naturellement déterminantes afin que les étudiants étrangers puissent se rendre l'esprit tranquille en Europe et bénéficier de la libre circulation. "La facilitation des visas pour étudiant doit être une préoccupation constante et mon rapport pose même la question de visas spécifiques, adaptés à la complexité de certains cursus universitaires qui réclament une très forte mobilité", a souligné Marielle de Sarnez.

21.06.2008

MODEM : ACTIVITE DE LA DELEGATION AU PARLEMENT EUROPEEN

Compte-rendu de l'activité de la délégation Mouvement Démocrate au Parlement européen

Le Parlement européen s'est réuni en session plénière à Strasbourg entre le lundi 16 et le jeudi 19 juin derniers. La délégation du Mouvement Démocrate, présidée par Marielle de Sarnez, s'est notamment exprimée sur trois sujets importants de cette session : le paquet Energie, la directive Retour et le recyclage des déchets.


Paquet Energie :
Le Parlement européen s'est prononcé en faveur de la séparation patrimoniale complète des activités de production et de transport d'électricité. Ce n'était pas l'option soutenue par le Mouvement Démocrate, car gérer un réseau nécessite un savoir‑faire industriel. L'électricité ne se stocke pas, il s'agit de maintenir la fréquence et la tension du réseau en fonction des demandes du marché. Or, à travers la séparation patrimoniale, la Commission n'écarte pas les risques d'une gestion spéculative ou politique du réseau.

Directive retour :
Marielle de Sarnez et la délégation du Mouvement Démocrate ont souligné cinq points clés : des mesures sérieuses de protection des mineurs afin qu'ils ne soient pas placés dans ces centres de détention inadaptés, et qu'ils puissent avoir accès à l'éducation. L'allongement de la période de retour volontaire à minimum 4 semaines, une détention maximum de 3 mois (avec possiblité de prolonger de 3 mois maximum) ainsi que des mesures de protection pour les personnes souffrant de maladie leur permettant d'avoir accès à des soins.
Marielle de Sarnez a estimé qu'"une politique européenne en matière d'immigration est nécessaire mais elle doit concerner d'autres points que celles de l'immmigration illégale. Il faut traiter des mesure à mettre en place pour l'immigration légale, pour l'intégration etc.... Et également essayer de rapprocher nos législations en partant du 'mieux disant', du 'plus protecteur' et non pas comme ici du moins protecteur".
Comme ces améliorations au texte n'ont pas été soutenues par la majorité du Parlement européen, la délégation Mouvement Démocrate n' a pas soutenu ce projet de directive.

Recyclage des déchets Rapport Jackson :
La délégation Mouvement Démocrate est déçue par le vote intervenu aujourd'hui au Parlement européen sur une directive relative au traitement des déchets. La majorité des eurodéputés, PS et UMP notamment, ont en effet opté pour un compromis laxiste avec le Conseil des ministres des Vingt Sept, si bien que l'amélioration du traitement des déchets, et en particulier le recyclage risque de ne guère progresser.
Anne Laperrouze a exprimé ses regrets au nom de la délégation Mouvement Démocrate au Parlement européen à la suite du vote: "Trop de questions ont trouvé des réponses floues comme l'incinération et les déchets dangereux au détriment de définitions précises et de garanties juridiques," a-t-elle déclaré. En moyenne un Européen produit 3,5 tonnes de déchets par an. A l'issue de la collecte, 27% de ces déchets sont recyclés, 49% mis en décharge et 18% incinérés



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19.06.2008

L'ETAT NE DOIT PAS FAIRE AUX CHOMEURS CE QU'IL A FAIT POUR MOI !

« Le sénateur UMP de l’Essonne, SERGE DASSAULT, propriétaire du Figaro, estime que «les aides diverses aux chômeurs sont trop élevées» et juge «anormal de vouloir donner de l’argent de l’Etat» aux chômeurs.

AFP - LIBERATION.FR : jeudi 19 juin 2008

Le sénateur UMP de l'Essonne, Serge Dassault, a jugé «anormal» aujourd’hui que l’Etat aide les chômeurs, «des gens qui ne veulent pas travailler» et suggéré de «réduire carrément les aides».

«Le problème n’est pas seulement de trouver de l’emploi mais aussi que l’assistance et les aides diverses aux chômeurs sont trop élevées, à mon avis, pour qu’ils aient une certaine envie de travailler», a exposé Serge Dassault, propriétaire du Figaro, à l’ouverture d’une audition de plusieurs dirigeants du service public de l’emploi devant la commission des Finances du Sénat.

«Prime pour l’emploi, et bientôt RSA… c’est quand même anormal de vouloir donner de l’argent de l’Etat qui n’en a pas beaucoup à des gens qui ne veulent pas travailler parce qu’on les paye trop et coûtent aussi beaucoup d’argent à l’Etat», a ajouté le maire de Corbeil-Essonne, rapporteur spécial du budget de l’Emploi.

«On réduirait carrément les aides aux chômeurs, ce serait quand même plus efficace si on veut les faire travailler que de vouloir donner de l’argent sur denier de l’Etat», a-t-il ajouté ».

Pour DASSAULT, l’argent des contribuables français est bien employé lorsque, grâce notamment à ses appuis politiques, l’armée française achète ses avions ; en revanche, il considère qu’il est anormal d’indemniser des chômeurs qui ont eu la malchance de voir leur usine, ou autre, délocalisée, en faillite, ….

Les chômeurs sont trop payés, IL FALLAIT OSER LE DIRE ! Mais pour une droite décomplexée, en effet « TOUT EST POSSIBLE ».

TOUT SIMPLEMENT CONSTERNANT !

 

18.06.2008

Le MoDem et les normes de qualité environnementale pour l'eau


Qualité de l'eau : le Parlement européen convainc le Conseil de mieux prendre en compte les impératifs de santé publique

En approuvant aujourd'hui en deuxième lecture à une large majorité le rapport d'Anne LAPERROUZE, député européen MoDem, sur la directive établissant des normes de qualité environnementale pour l'eau, le Parlement européen, réuni en session plénière à Strasbourg, est parvenu à convaincre le Conseil d'améliorer sa position commune en vue de mieux garantir la santé des citoyens européens...


"Dans les eaux de nos rivières, fleuves et lacs, on ne trouve pas que des poissons : on recense aussi des polluants, type pesticides et métaux lourds. C'est intolérable. L'Union européenne doit durcir les standards de qualité environnementale de l'eau", a déclaré Mme Laperrouze.

Selon le vote parlementaire, d'ici 2018, les Etats membres devront "faire des progrès" en vue de respecter des normes de qualité de l'eau qui prennent la forme de concentrations maximales admissibles et de valeurs moyennes annuelles. Treize des 33 polluants couverts par la directive sont identifiés comme des "substances dangereuses prioritaires" dont le cadmium et le mercure. Le rapport préconise en outre l'inclusion de 13 substances supplémentaires y compris, les dioxines, les PCB et le bisphénol. "Le Conseil n'avait pas suffisamment entendu les inquiétudes du Parlement concernant les nouvelles substances," relève MmeLaperrouze.

La législation tient compte du cas particulier des zones proches des sources de pollution et convient d'aménager des "zones de mélange", mais insiste pour qu'y compris dans ces zones, les normes soient respectées au moins pour les eaux de surface. "Le cas particulier des zones portuaires, dans lesquelles le niveau des substances en suspension, évolue fortement du fait des opérations de dragage, méritait d'être plus clarifié" estime le rapporteur.

"Nous avons inscrit de grands principes : le principe du pollueur-payeur et le principe de correction en priorité à la source. Nous attendons du Conseil qu'il nous suive pour mieux lutter contre une pollution croissante qui menace la santé humaine et les éco-systèmes." a conclu Anne Laperrouze.

S'il vous plaît M. Le Président de la Réublique

·         Vous qui ripostez par une loi lors de faits divers soulevant l’émotion populaire, pouvez-vous, s’il vous plaît, en instaurer une obligeant les footballeurs, et autres, à une obligation de résultat ? 

 L’équipe de rugby avait été perturbée par la lecture de la «lettre de Guy Môquet», hier, les footballeurs n’ont pas souhaité «travailler plus pour gagner plus».

IL FAUT SEVIR ou je crois que vous devrez vous contenter de « supporter » les rencontres type «Coupe de France», là au moins il y aura un vainqueur français !

17.06.2008

MODEM - CAP21

Aujourd'hui, il fait beau mais je suis de mauvaise humeur.

Ah si CAP21 avait eu la bonne idée de ne pas entériner son adhésion au MODEM ! Je pense que tous les médias s'en seraient gaussés ! Mais là, pratiquement aucun écho. Heureusement, un article est paru sur le site de l'EXPRESS (voir ci-dessous) et MARIANNE. Quant à la télé : j'ai vu un reportage sur i-télé et un bandeau sur BFM.

Même si les médias ne semblent aimer que les "claquements de porte", il y a des adhérents qui sont intéressés. Merci Internet grâce à qui, nous pouvons nous tenir informés !

Néanmoins, vous pouvez visionner les discours de Corinne LEPAGE et François BAYROU sur le site :

http://www.mouvementdemocrate.fr/

 

15.06.2008

CAP21 ENTERINE SON ADHESION AU MODEM

Cap 21 entérine son adhésion au MoDem au terme d'un débat "assez chaud"

AFP

Le parti écologiste Cap 21 a entériné dimanche, lors d'un Congrès statutaire à Nanterre (Hauts-de-Seine), son adhésion au Mouvement Démocrate (MoDem) dont il est membre fondateur, au terme d'un débat "assez chaud" de l'aveu de sa présidente, Corinne Lepage.

"Ca a chauffé" sur la question de la double appartenance Cap21/MoDem, a reconnu devant la presse Mme Lepage, qui vient d'être nommée vice-présidente du MoDem, en charge des commissions de travail.

"On a voté trois fois sur la question de savoir si des adhérents de Cap 21 pouvaient y rester sans adhérer obligatoirement au MoDem. On a fini par dire non", a-t-elle expliqué.

Selon elle, environ "20%" des adhérents voulaient garder la liberté de refuser l'adhésion automatique au MoDem. En revanche, les statuts du MoDem ont été approuvés "à l'unanimité".

Cap 21, qui compte "entre 2.500 et 3.000" adhérents, garde une "autonomie programmatique et financière, mais pas politique", a-t-elle précisé.

Cela signifie que des candidats issus de Cap 21 aux prochaines élections seront "des candidats MoDem", a expliqué Mme Lepage, ex-candidate aux municipales.

"Je suis convaincue que le mélange de cultures politiques que représente le MoDem est à même de répondre au défi de construire le parti du développement durable", a-t-elle déclaré dans son discours de clôture, devant une centaine de militants et le président du MoDem, François Bayrou.

"Cap 21 peut et veut jouer un rôle central" dans l'élaboration du projet, car "nous disposons d'une base programmatique et d'une réflexion déjà poussée, qui pourra servir de base au MoDem", a-t-elle ajouté.

M. Bayrou a expliqué qu'"opposé aux courants" où chacun cherche à se compter en vue d'obtenir "un nombre de places en fonction des résultats de la guerre interne", il acceptait l'existence de "sensibilités" telles que Cap 21.

Dans le "respect de l'histoire et des identités", il faut construire "un mouvement riche et pluriel", a-t-il lancé, tout en mettant en garde: "dans l'action, il faut que nous soyons soudés".

Ce congrès de deux jours a accueilli samedi soir des intervenants extérieurs pour un débat sur le développement durable: l'ex-porte-parole des Verts Yann Wehrling, l'ancien conseiller de Ségolène Royal Bruno Rebelle (ex-Greenpeace) et le député UMP François Grosdidier, opposé aux OGM.

"Nous avons décidé de monter une union nationale de tous les défenseurs de l'écologie, qui sera trans-partis", a affirmé Mme Lepage.

Le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo, invité à cette soirée, s'était décommandé pour des raisons d'agenda, mais il a "invité l'équipe de Cap 21 à une réunion de travail et de débats le 19 juillet", a indiqué à l'AFP son entourage.

11.06.2008

Qu'ils ne se plaignent pas !

Le Nouveau Centre n'est pas content !

ARTICLE PARU DANS LE NOUVEL OBSERVATEUR :
"Le Nouveau Centre dénonce des "pressions" de l'UMP"

Le président du groupe Nouveau Centre à l'Assemblée nationale, François Sauvadet, a dénoncé mardi 10 juin des "pressions" du groupe UMP, appelant au "respect de chacun" et à des "règles du jeu beaucoup plus claires" au sein de la majorité.
Il a fait part, lors de son point de presse hebdomadaire, de "la grogne des députés du NC", qui "ont très mal vécu les pressions exercées par le groupe UMP pour tenter de récupérer un élu du NC dans le Rhône".
Raymond Durand, candidat du NC, a été élu le 1er juin député de la 11ème circonscription du Rhône lors d'une élection partielle après l'invalidation de l'élection de Georges Fenech (UMP), dont il était le suppléant.
Précisant que Raymond Durand était délégué départemental au NC, François Sauvadet a souligné qu'il avait "été élu grâce à l'engagement de toute la majorité".
"La conception du fonctionnement d'une majorité, c'est d'avoir le respect de chacun et des idées qu'il porte. Nous ne sommes pas à l'UMP et nous n'avons pas l'intention d'y rentrer demain", a-t-il lancé"
.

Lorsque l'on se rappelle "les pressions" que l'UMP a exercé (et exerce toujours) sur les élus UDF pour qu'ils quittent F. BAYROU et se rallient à NS entre les deux tours de la présidentielle, on a, si ce n'était pas si triste, envie de rire en lisant ces lamentations.

M. SAUVADET, si vous aviez eu le courage de garder votre indépendance, après avoir critiqué assez violemment NS durant la campagne, vous n'en seriez pas là.

VOUS IMAGINIEZ QUOI ????

09.06.2008

ARTICLE DE PL SEGUILLON - LE FIGARO

François Bayrou a-t-il encore un destin ?

Pierre-Luc Séguillon : «Il ne suffit pas de dire que l'originalité du MoDem est de se vouloir libre et affranchi de toute attache à la droite “sarkozienne” comme à la gauche socialiste pour justifier son existence» Crédits photo : Le Figaro

Le journaliste de LCI Pierre-Luc Séguillon analyse la situation du MoDem et l'avenir de son chef de file.

C'est une erreur d'analyse que d'enterrer politiquement François Bayrou. C'est une faute, au regard de la démocratie, que de s'employer à éradiquer le MoDem du paysage politique.

Il est vrai qu'il est bien difficile d'imaginer que celui qui a rassemblé sur son nom près de 7 millions de suffrages au premier tour de la présidentielle, il y a un an, puisse encore avoir un destin tant le bénéfice qu'il tira de cette élection paraît aujourd'hui dilapidé et tant l'ancien candidat semble désormais isolé. Au gré des échéances électorales, François Bayrou a perdu la quasi-totalité de ses grands élus. La plupart l'ont quitté à l'occasion des élections législatives, préoccupés qu'ils étaient de conserver leurs sièges de député. D'autres l'ont abandonné à la veille des municipales, tel pour garder une présidence de conseil général, tel autre dans l'espoir d'obtenir un strapontin ministériel.

Le président du MoDem a sa part de responsabilité dans ce sinistre politique. Son premier faux pas fut de se départir d'une stricte neutralité entre les deux tours de l'élection présidentielle. À l'inverse, François Bayrou, trop occupé qu'il était en mars dernier à tenter la conquête de Pau, s'est montré incapable de maîtriser les alliances municipales passées par les militants du MoDem pour leur donner un minimum de cohérence. Il est certain enfin que la gouvernance autocratique du président du MoDem a découragé beaucoup de bonnes volontés.

Mais il est évident surtout que Nicolas Sarkozy n'a eu de cesse, depuis un an, qu'il n'asphyxie le MoDem, qu'il ne déstabilise les derniers soutiens de son président et élimine ce parti du champ politique. Jouant du bâton ou de la carotte selon les cas, menaçant celui-ci de lui faire perdre sa circonscription, appâtant celui-là par la promesse d'une entrée au gouvernement, pratiquant un débauchage systématique des élus de l'ancienne UDF, le chef de l'État s'est personnellement employé à isoler François Bayrou.

Cette tentative programmée de liquidation d'un courant politique qui s'est affirmé lors de la dernière présidentielle est un mauvais coup porté à la démocratie. Elle menace d'atrophier l'expression politique dans notre pays. Elle risque d'appauvrir l'offre d'alternance. Elle devrait donner à réfléchir à des centristes fraîchement ralliés et déjà condamnés à n'être que les supplétifs dociles et muets de l'UMP. Il n'est pas certain en outre qu'elle soit couronnée de succès. Elle pourrait même se retourner à terme contre ses auteurs.

François Bayrou, en effet, n'est pas dénué de sérieux atouts. En premier lieu, le personnage possède une force de caractère peu commune. Loin de l'affaiblir, l'épreuve et les difficultés paraissent fortifier plus encore sa détermination et son ambition. Par ailleurs, François Bayrou a la légitimité d'une campagne présidentielle couronnée par un score plus qu'honorable. Il peut surtout revendiquer la lucidité de celui qui, à l'inverse de ses deux compétiteurs, s'est refusé l'an passé à promettre la lune et a proposé un projet compatible avec l'état alarmant des finances publiques. François Bayrou avait prédit que les engagements inconsidérés de Nicolas Sarkozy conduiraient le pays à la catastrophe financière. Les faits lui ont malheureusement donné raison.

En outre, un bien pouvant sortir d'un mal, le MoDem, doté d'une force militante neuve, est désormais lesté de tous les notables qui stérilisaient sa capacité d'invention et d'innovation. Enfin, cette formation revendique une identité politique originale. Le MoDem se veut libéral et social. Il refuse à la fois l'État à tout faire des socialistes et la remise en cause par la droite d'un modèle social fondé sur la solidarité. Il est profondément européen et ne connaît sur le sujet ni la fracture qui traverse le PS ni les désaccords qui habitent l'UMP. Il prône un mode de scrutin qui permette à l'ensemble des composantes et sensibilités politiques d'être représentées au Parlement quand le PS et l'UMP souhaiteraient se partager à eux seuls les bancs de l'Assemblée. Il se proclame adversaire de tous les conservatismes, qu'ils soient de droite ou de gauche, mais se dit hostile au changement pour le changement et à la perte des valeurs qui font la spécificité d'une nation.

Alors que le Parti socialiste paraît impuissant à se doter d'un leader et d'un projet et que Nicolas Sarkozy semble avoir gâché, au terme de sa première année de présidence, une partie des chances qu'il avait de moderniser notre pays, François Bayrou possède un réel espace politique. Il ne valorisera toutefois ces atouts dans l'avenir qu'à plusieurs conditions.

Il lui faut d'abord changer de mode de gouvernance. Sa forte personnalité ne doit pas l'empêcher de pratiquer une direction plus collégiale de son mouvement. Il importe au contraire qu'il constitue autour de lui des équipes nouvelles pour structurer cette formation politique neuve. Il convient, en second lieu, qu'il définisse son projet de manière positive. Il ne suffit pas de dire que l'originalité du MoDem est de se vouloir libre et affranchi de toute attache à la droite « sarkozienne » comme à la gauche socialiste pour justifier son existence et lui donner une visibilité. Le parti de François Bayrou n'aura de crédibilité aux yeux de l'opinion que s'il affiche clairement l'ambition qui est la sienne, quand bien même relèverait-elle encore aujourd'hui de l'utopie : devenir à terme sur l'échiquier politique et au gré d'une élection présidentielle le grand parti démocrate moderne progressiste qui constituerait une réelle alternative à la droite républicaine. Un tel pari n'a quelque chance d'être gagné que s'il s'accompagne d'un travail d'analyse, de réflexion et de proposition intense associant militants et intellectuels. Cela suppose chez François Bayrou la volonté nouvelle d'attirer à lui et de faire travailler avec lui des hommes et des femmes ayant, chacun dans leur domaine, une pensée originale.

D'ici à 2012, le président du MoDem dispose de deux échéances électorales pour roder son jeune parti, les élections au Parlement européen en 2009 puis les élections régionales. Le mode de scrutin proportionnel des européennes peut lui être relativement favorable, d'autant que la thématique européenne elle-même lui est naturelle.

Il est une vieille loi en politique : de même que la roche Tarpéienne est proche du Capitole, de même un acteur politique peut toujours revenir au sommet aussi longtemps qu'il demeure fidèle à de fortes convictions. François Mitterrand qui, quelques mois avant sa mort, confiait son admiration pour François Bayrou, fut un exemple probant de cette capacité de rebond durant son existence politique.

 

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