08.05.2009
EUROPEENNES : VENT d'OUEST
Vent d’Ouest
Le débat européen sent le renfermé. Crise globale ou pas, les discussions restent confinées. Même à l’approche de l’élection des députés européens, l’Europe est éludée. Si quelques journaux ont commencé à en parler, la plupart des médias ont attendu que le Président de la République s’exprime en Majesté pour aborder le sujet… A un mois des élections, il était temps !
Les commentateurs, la classe politique s’étonnent d’une abstention que leur indifférence entretient. Autour de certaines listes ce ne sont que petits arrangements entre amis. Le PS a dosé ses courants à la pipette, sans souci des talents. L’UMP réfléchit encore : recyclage et copinage. A force de ne jamais donner le cap, ni d’y mettre leurs tripes, certains responsables ont convaincu le peuple que l’Europe était le cadet de leurs soucis. Et le peuple le leur rendra bien, qui compte aller à la pêche le 7 juin.
Sur le fond, la confusion règne. En ce moment, « tout le monde il est beau, tout le monde il est pro-européen ». Les conversions récentes vaudraient plus que des convictions anciennes. Le Président Sarkozy promet une harmonisation fiscale qu’il a écartée noir sur blanc, en décembre, lorsqu’il présidait le Conseil européen . Peu importe. Qui va vérifier les conclusions du Conseil ? Les Pères fondateurs sont invoqués par les familles politiques qui, longtemps, les ont honnis. Hommage du vice à la vertu. Mais le faux Monnet chasse le bon… et le citoyen, oublieux des leçons d’après-guerre, s’y perd franchement.
Les gouvernements tiennent surtout à continuer à tirer les ficelles dans l’ombre. Un Parlement plus fort, plus légitime, dérangerait leur confort. Ce qu’ils veulent, c’est reconduire en catimini un Jose Manuel Barroso qui, quatre années durant, a dérégulé à tour de bras et, depuis six mois, fait le contraire. Assurément il a l’échine souple, mais quel serait son programme ? La majorité des gouvernements de droite (France comprise) et plusieurs gouvernements de gauche (en Angleterre, en Espagne, au Portugal) le soutiennent sans connaître la réponse. Le PSE a beau mettre en avant son « manifesto » paneuropéen, il n’a pas de candidat alternatif. Quant aux souverainistes, en bons chasseurs, ils lancent des leurres : en pleine crise mondiale, la réfection de la salle de sports du Parlement leur tient lieu de combat.
Pour faire souffler un peu d’air frais, vent d’Ouest ! Pendant un mois, jusqu’au vote du 7 juin, je diffuserai sur mon site et par e-mail des chroniques quotidiennes de la campagne que je mène dans la circonscription Ouest (Bretagne, Pays de Loire, Poitou-Charentes). 30 jours pour parler d’Europe sur un autre ton, sous un autre angle. Inaccessible l’Europe ? Rébarbative ? Non, compliquée à dessein par ceux que son avènement dérange. Autant de chroniques de terrain, d’histoires d’une Europe vivante, d’une équipe de dix-huit co-listiers du Modem unis et déterminés pour parler d’Europe aux Français et écouter leurs points de vue. Les fraises Tagada et le marché unique. Le social vu dans les usines de découpe de poissons ou dans un chantier d’insertion. Un mot des héros ordinaires qui surveillent le rail d’Ouessant. Ou encore, comment le Cognac apprend la patience. La première de ces chroniques est en pièce jointe.
A bientôt, chaque jour, pour ceux qui voudront bien me suivre.
Sylvie Goulard
11:53 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



Ecrire un commentaire