05.05.2009
FRANCOIS BAYROU SUR CANAL+
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Abus de Pouvoir
Edito politique de Thomas LEGRAND (sites.radiofrance.fr/franceinter) du 4 mai 2009 :
« Abus de pouvoir », le livre de François Bayrou, est sorti chez Plon. Et je dois avouer que j'ouvrais ce livre avec un peu d'appréhension. Ces derniers mois, le leader centriste s'était illustré par une opposition sans faille sur le thème de l'abus de pouvoir. Et ces dernières semaines, au travers de quelques interviews dans la presse écrite, il développait ce sujet de façon assez particulière. Pour lui, le Président de la République conduit la France sur un chemin qui n'est pas celui de la France. Le projet planifié de Nicolas Sarkozy serait de faire passer notre pays du côté obscur de la force, du côté des anglo-saxons, du libéralisme et de l'argent roi. Il y avait, derrière ces arguments, un petit quelque chose de gênant. François Bayrou parle de notre « instinct de peuple » ou dénonce ces « gens qui vont chercher leur modèle ailleurs ». Ça avait une sonorité qui pouvait prêter à confusion... une critique de caractère identitaire, une sorte de prétention à représenter la vraie France mieux que le président qui serait, en quelque sorte, porteur d'une politique de trahison. Pourtant, François Bayrou, fils de paysan, devenu agrégé, enraciné pétri de culture, amoureux de Péguy et d'Hugo, n'est pas du genre à développer une pensée du style « la terre ne ment pas » face à un président, ami de la finance, qui ne connait ni la campagne, ni la littérature. Mais, aux vues de ses dernières interviews, on pouvait se demander s'il ne se sentait pas plus français que Nicolas Sarkozy. Doute perçu et utilisé par Alain Minc qui n'a pas manqué de qualifier le centriste de "Le Pen Light". (Alain Minc, qui -dans le livre- en prend pour son grade sur deux pages assez savoureuses). Je dois avouer qu'une ou deux fois -avant de lire le livre- j'ai commencé à écrire un édito pour moquer ce ton « vraie France ». Et puis, au-delà du malaise, finalement, je n'avais pas d'arguments décisifs. En fait, il n'y en n'avait pas. Si j'évoque ici ces états d'âmes d'éditorialiste, c'est que je pense que certains lecteurs auront ce type d'impression en commençant le livre.
Mes impressions premières se sont vite dissipées. François Bayrou ne parle pas d'identité mais de valeur ! Là est toute la différence. Il critique très violemment le président, certes, mais au travers de ce réquisitoire rédigé par lui (c'est bon à signaler), il rappelle les grands principes sur lesquels la France Républicaine, laïque et sociale, s'est construite. C'est de cette France là dont il s'agit. D'une France que l'on croyait évidente, celle des frontons « liberté-égalité-fraternité ». L'égalité n'étant pas le deuxième mot mais le mot central. François Bayrou reprend tous les épisodes de ces deux dernières années, du Fouquet's à l'affaire Peyrol. Épisodes qui prouvent, selon l'auteur, que le Président a mystifié les Français. Les symboles et les références historiques utilisées par le candidat Sarkozy ne permettaient pas de déceler le véritable dessein du président Sarkozy. Le passage sur la laïcité et l'analyse du discours du Latran à Rome est particulièrement bien ficelé. François Bayrou, par ailleurs croyant, démonte avec rage la phrase suivante, tirée de ce discours : « la morale laïque risque toujours de s'épuiser quand elle n'est pas adossée à une espérance qui comble l'aspiration à l'infini ». Qu'un président de la République puisse prononcer une telle phrase qui prétend redéfinir ainsi la laïcité, le Républicain Bayrou ne le supporte pas. Cette charge sur l'essentiel, sur le noyau dur de notre consensus national, est à rapprocher d'un autre livre, qui défend de façon très érudite, à peu près les mêmes thèses et qui vient, non plus du centre mais de la droite. Je veux parler du livre d'Alain-Gérard Slama, prof à Science -Po et chroniqueur au Figaro-Magazine et à France culture, "La société d'indifférence". Ces deux livres parlent de ce soudain besoin de République ressentie confusément par beaucoup de Français de tous bords.
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04.05.2009
De la lecture ...
Elections Européennes :
Les bonnes raisons de voter : cliquer ici
Mutisme des partis politiques : cliquer ici
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EUROPEENNES : REGION OUEST
Le Monde.fr : C'est l'Union qu'on assassine, par Sylvie Goulard – Candidate MoDem (Région Ouest)
Inconscient ou délibéré, un travail de sape est à l'oeuvre sous nos yeux. En dépit de beaux discours affirmant que, dans la crise, l'union est indispensable, la plupart des gouvernements de l'UE galvaudent l'élection du Parlement européen. Non seulement ils ne cherchent guère à mobiliser les électeurs, mais, en coulisse, ils veillent à s'assurer que le huis clos diplomatique l'emportera encore une fois sur la démocratie au grand jour. Aux questions les plus simples des électeurs, aucune réponse claire n'est apportée. La France ne fait pas exception.
Pourquoi vote-t-on ? Nul ne l'explique. Aucune campagne civique de grande ampleur sur la date du scrutin, ses modalités et les compétences du Parlement n'a été lancée. L'Europe, qui a la chance d'être dotée du seul Parlement supranational élu au suffrage universel direct au monde, ne souffre pas de "déficit démocratique".
Un travail législatif concret y est mené, visant, par exemple, à renforcer la protection contre les produits chimiques nocifs ou à limiter la durée du travail. Mais l'ignorance est entretenue par une Commission distante et une classe politique nationale, dont l'horizon, à de rares exceptions, n'est pas européen.
Alors nos dirigeants font diversion, agitant de nouveau le spectre de l'insécurité ou jouant au petit jeu des excuses mutuelles. Tout est bon pour détourner l'attention des sujets qui sont au coeur des enjeux européens : emploi, environnement, relations avec le reste du monde, développement de la planète.
Pour qui vote-t-on ? Le choix des candidats, souvent opaque, est rarement objectif. Dans les entreprises, les ateliers, les facultés, chacun est censé se former pour prétendre occuper une fonction. Rien de tel pour aller au Parlement européen, qui reste un moyen idéal de recycler les figures déchues ou de récompenser ses petits amis.
A quarante jours du vote, l'UMP n'a pas encore daigné faire connaître ses listes aux électeurs. Après Olivier Duhamel, en 2004, le PS a évincé cette année Gilles Savary, l'un de ses meilleurs députés européens. Qu'un député ait été présent, travailleur, qu'il ait acquis l'expérience qui aurait permis à la France d'obtenir une présidence de commission parlementaire, peu importe.
Sans parler des souverainistes, qui prétendent défendre l'intérêt national mais désertent les lieux où il se joue. Leur acharnement sur des sujets mineurs (comme l'intendance du Parlement) n'a d'égal que leur manque d'implication sur les dossiers lourds. C'est assez pitoyable.
Pour changer quoi ? C'est sur ce point que les dernières manigances des gouvernements, avec la complicité de responsables du Parlement sortant, sont les plus désastreuses. Les électeurs seront motivés pour aller voter quand leur choix entraînera un changement de cap politique, incarné par de nouveaux responsables.
DÉNI DE DÉMOCRATIE
Les gouvernements européens semblaient l'avoir compris, qui, dans le traité de Lisbonne, ont décidé à l'unanimité que le Parlement élirait le président de la Commission. Même si ce texte n'est pas encore ratifié, rien n'aurait empêché d'en appliquer l'esprit, plus démocratique.
Le mandat de la Commission Barroso expire fin 2009. Laissons les députés élus en juin décider s'il doit être reconduit, en évaluant son projet publiquement, par rapport à celui d'autres candidats. Ces derniers n'ont d'ailleurs pas à être d'anciens membres du club des chefs d'Etat et de gouvernement !
Cette condition non écrite - qui nous aurait privés de Jacques Delors - n'a été ajoutée par les intéressés que pour mieux verrouiller la cooptation. Or les deux partis qui dominent l'échiquier européen le PPE (auquel appartient l'UMP) et le PSE (dont fait partie le PS), cherchent à reconduire M. Barroso sans débat, dès le mois de juin. C'est purement et simplement un déni de démocratie.
La présidence française a entretenu une illusion : celle d'un intérêt et d'un respect nouveaux pour l'Europe. L'intérêt a été de courte durée, tant que les projecteurs étaient tournés vers Paris. Quant au respect des électeurs et des partenaires européens, on le cherche en vain dans ces décisions peu responsables.
Vis-à-vis des générations qui nous ont légué l'Europe unie, comme vis-à-vis de nos enfants, nous devons considérer l'élection du Parlement européen comme le moment-clé de la vie démocratique européenne et y envoyer des candidats sérieux.
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F.O.G. : Le style BAYROU
Dans l'hebdomadaire Le point (30 avril 2009), Franz-Olivier GIESBERT s'exprime sur le "Style BAYROU" :
C'est sans doute l'une des choses les moins partagées dans notre monde aculturé, mais François Bayrou a du style. Il le prouve encore dans son nouveau livre. Avec éclat.
Si Sarkozy était de Gaulle, on pourrait dire que Bayrou a écrit un Mitterrand. Dans la veine du "Coup d'Etat permanent" un pamphlet superbe où le futur quatrième président de la Vè République comparait le Général à un dictateur de la pire espèce. Il avait tout faux mais c'était un très bon livre, à la prose soignée. "Mon meilleur", disait-il.
Francois Bayrou a le même panache. Il est aussi très en colère. C'est ce qui fait la force d' "Abus de pouvoir". On peut déjà considérer ce livre comme le brévière de l'antisarkozysme que beaucoup attendaient. Il y a là du fon, de la passion, de la verve et un sens souvent désopilant de la formule qui tue. Sans oublier un art certain de la virgule bien placée.
Dans "Abus de pouvoir", François Bayrou se définit comme "quelqu'un qui s'est trouvé en Pascal, en Montesquieu, en Hugo, en Péguy". Et qui s'est pour cette raison ressenti, toujours, en même temps, français et européen". Il ne le cite pas, mais il y a aussi du Bernanos dans cet homme-là, à cause de la langue, entre gouaille et sophistication, et du ton, volontiers "ronflon", pour parler marseillais.
Le livre refermé, on comprend enfin le projet de Bayrou. Dans son moteur, il a mis du Chevènement, du Giscard, du Barre, du Lecanuet et du Mitterrand, beaucoup de Mitterrand, qui, en tenant le manche de son large râteau, aimait dire : "on ne sort de l'ambiguïté qu'à son détriment".
D'où l'importance du style qui emballe tout et qui, comme disait Buffon, est "l'homme même".
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